fiancee« Je n'ai jamais vu autant de corbeaux qu'autour d'Isabelle. Dès l'aube ils noircissent les trois grands chênes qui dominent sa maison. Ils restent là des jours à observer ses gestes, ses pas, la douceur de sa vie. Je suis comme eux, je les comprends ». René Frégni marche chaque jour sur des chemins où ses filles ont couru, grandi, avant de partir vivre leur vie. Seul désormais, il sillonne inlassablement une Provence brûlée par l'été et le gel. Dans un décor âpre et sauvage, il croise d'étranges silhouettes ; un vieil homme sans mémoire regarde comme des fantômes les arbres qu'il a plantés, un truand qui a passé vingt-sept ans dans l'ombre des prisons lui raconte les lambeaux solitaires et violents de sa vie, une femme d'une mystérieuse douceur traverse des champs de neige suivie, de loin en loin, par un nuage de corbeaux. Comme une suite à Elle danse dans le noir , ce journal est un chant d'amour qui monte des vastes déserts de pierre et de lavande que l'on découvre dès que l'on quitte Banon, Manosque ou Moustiers-Sainte-Marie, un chant mélancolique et lumineux ; un voyage parfois cruel vers la tendresse et la beauté.

 

 

  • Editeur : Editions Gallimard (2 octobre 2012)
  • Collection : FOLIO
  • Langue : Français

 

 

Commentaires   

0 #7 Sabatier Yvette 27-11-2021 11:06
Je viens de lire "la fiancée des corbeaux "en une nuit.Vous êtes le pédagogue de la sensibilité(sen sualité),des bonheurs simples qui nous enrichissent,et de l'art de vivre.De la petite lueur qui était en moi,vous venez d'en faire une immense clarté:je pars acheter un cahier moi aussi.!Continue z à nous émouvoir et émerveiller.Merci.
Yvette( une pédagogue à la retraite)
Citer
+2 #6 Nathalie 14-08-2017 13:55
Bonjour Monsieur Frégni,
Juste pour vous raconter une anecdote : hier matin, je dégustais "La fiancée des corbeaux" et, lorsque mon "Isabeau" s'est levé, je lui ai dit : "Prépare-toi, on y va" (sans lui donner la destination).
2h00 plus tard, nous étions à Manosque. J'ai retrouvé avec bonheur vos places et lieux, librairies, vos pigeons aussi... J'ai levé le nez pour apercevoir les Vélux (qu'on ne voit pas d'en-bas). Cette ville aussi désertique que Draguignan, un dimanche, avait des allures de décor de théâtre après une représentation : les murs et vitrines rendaient hommage aux hommes et femmes de lettres. J'ai aimé.
Merci.
Citer
+1 #5 Florence 15-07-2015 09:32
J’ai ressenti l’écriture d’un homme apaisé, qui prend la vie comme elle vient, qui a un grand coeur. J’ai lu ce livre comme une belle après midi d’automne, après le feu de l’été et avant le renfermement de l’hiver. Comme un souvenir langoureux et chaud dans lequel on peut se blottir…
Citer
+1 #4 Scarlet 15-07-2015 09:12
Je viens de vous connaître Mr FREGNI par la lecture de "la fiancée des corbeaux" et je tiens à vous dire mon admiration. Votre écriture est tellement fluide, intense de simplicité, vous avez un regard si poétique, tendre, émouvant, lumineux sur les gens, les choses, les paysages qu'on est emporté avec la sensation d'y être, de vivre à votre place ! Merci. J'ai hâte de vous lire encore...
Citer
+1 #3 laghouati 15-07-2015 09:11
la Fiancée des corbeaux c'est l'air de la provence, celle de Giono, de Pagnol.. celle de la beauté du quotidien , du chant des oiseaux du souffle du monde, de la décrépitude des hommes et de la tendresse infinie que vous éprouvez pour eux dans leur humanité misérable, vertigineuse, brûlante ...je ne vous connaissais pas...quelle somptueuse rencontre... merci à votre ami Roberto de m'avoir fait introduite dans votre univers... Il y a juste quelques heures au salon du livre de Nice...Gabriell e
Citer

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir